| Presse 23 : Le Généraliste N° 612 - "Le journal du Médecin"(11 septembre 2002) Rubrique Profession Communication - KEY La boîte à outils |
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La boîte à outils Soigner est une chose. Faire passer correctement le message auprès des patients en est une autre.Fort de son diagnostic et de ses connaissances scientifiques, il arrive parfois au MG de buter sur les mots ou les comportements qui pourraient décoincer la relation médecin-patient; Le Généraliste a donc fait appel à Alain Losier, consultant de longue date en matière de commnication, pour aborder des situations courantes (non-médicales) dans la pratique quotidienne des généralistes. Nous inaugurons donc cette rubrique qui s'enrichira bien-sûr des suggestions ou interrogations que nous adressons à nos lecteurs. La rédaction. Le parent répond à la place de l'enfant! Dans ce cas de figure, il sera intéressant de remettre chacun à son bout de la relation. Je m’explique : Dans une relation (à deux personnes) il y a trois composantes, le sujet, l’autre et la relation. On pourrait symboliser la relation par une écharpe où chacun est responsable de son bout. Il est important que le parent puisse respecter le bout de la relation de l’enfant, s’il souhaite l’aider à grandir et à prendre sa place en tant que futur adulte. En d’autres termes de l’écouter, d’accepter d’entendre son point de vue. Comment pratiquement un MG peut-il obtenir l’information qu’il voudrait de l’enfant? Il doit atteindre deux objectifs: le premier doit lui permettre d'arriver à entendre la version de l’enfant, le deuxième doit l'aider à communiquer avec ses deux interlocuteurs. Premier objectif : pour l'atteindre, trois étapes sont importantes : - Entendre le parent - Confirmer ce qu’il a dit - Entendre l’enfant Entendre le parent : Normalement, cette étape ne doit pas poser problème puisque le parent parle pour l’enfant … Confirmer ce que dit le parent: Il s’agira, à un moment, pour le MG de prendre la parole en répétant ce que dit le parent avec les mots de celui-ci. Cette étape est capitale si l’on désire que le parent soit rassuré et certain d’avoir été entendu. Par exemple, si le parent se plaint que l’enfant devient insupportable, qu’il pique des crises de nerf, etc. le MG confirmera en répétant les mots clef: "Effectivement j’entends que ... ou comme vous dites il semble que … (prénom) « pique des crises de nerf » et que vous avez des difficultés à vivre cela". Relever expressément face au parent «la difficulté qu’il a» c’est le rendre responsable de son bout de la relation, de sa difficulté. Cela sert également à éviter qu'il ne dépose sa difficulté chez l’enfant ! Cela peut aussi peut-être permettre à l’enfant de se déculpabiliser, ce n’est pas sa difficulté. Lui en a peut-être une autre … Entendre l’enfant : Ensuite, le MG pourra se tourner vers l’enfant et lui demander s’il est d’accord qu’il lui demande son avis: "Toi, (prénom), qu’en penses-tu ? quel est ton point de vue ? que souhaites-tu ? As-tu le sentiment que tu piques des crises de nerf ? Es-tu bien avec cela ?" Si le parent veut à tout prix mettre son grain de sel … il serait important que le MG se positionne et demande au parent s’il voit un inconvénient à ce qu’il entende le point de vue de l’enfant (si cette demande est faite, il est rare que le parent ose dire non... puisque le problème est censé se trouver chez l’enfant). Dans sa relation avec l’enfant, le MG veillera à se centrer sur ce dernier et éviter de trop regarder le parent (ce sera alors encore plus difficile pour celui-ci de répondre à la place de l’enfant). Et si l’enfant regarde sa maman le MG devra insister sur le "ET TOI, (prénom), que réponds-tu ? La communication devient possible si l’on laisse à chaque partie l’espace pour s’exprimer jusqu’au bout. Alain Losier |