Changer pour quoi, changer comment ? “Il faut que ça change !“, suggère le constat d’une vie pas tout à fait à l’image de ce dont vous rêviez. “Il faut que ça change !“, affirment partout les spécialistes du bonheur et du prêt-à-rêver. “Il faut que ça change !“, crient surtout vos sens en attente de se réaliser. Faire souffler le vent du changement peut apporter le bonheur. Mais comment ? Même en faisant preuve de la plus grande ouverture d’esprit, changer de vie est sensiblement plus engageant et plus ardu que changer de coiffure. Si la décision de changer procède d’un constat logique que quelque chose ne fonctionne pas et qu’il faut travailler à solutionner ce problème, un grand pas est déjà fait. Car il faut souvent avoir déjà beaucoup réfléchi pour en arriver là. Alain Losier, psychothérapeute, consultant, et créateur de la PNL humaniste, reconnaît là un acte courageux : « D’abord, il faut en avoir envie. Il faut décider de changer, et s’engager résolument pour le faire. Ensuite, il faut s’en croire capable, et au besoin s’en persuader ». Et ensuite… Une démarche importante s’engage, celle qui va permettre de progresser sinon vers le bonheur, au moins vers un meilleur équilibre.
Définir un but Changer n’est pas en soi une finalité. Dans le processus de changement, c’est bien l’objectif qui est important, et qui inscrit en arrière-plan le point de départ. Ou : “Je constate que cela ne va pas, j’ai établi que je peux tenter d’y remédier, voici ce à quoi je souhaite parvenir“. Une théorie bien huilée sur le papier, mais qui demande quelque réflexion en réalité. En effet « beaucoup de gens savent ce qu’ils ne veulent pas ou plus, mais ont des difficultés à définir ce qu’ils veulent », témoigne Alain Losier. Tout simplement parce qu’on n’a pas toujours appris à s’écouter, et qu’on a tendance à déplacer les problèmes qui se posent. Si j’explique mon mal-être par le fait que “je ne m’entends plus avec mon mari“, encore faut-il que je sache définir ce en quoi nous ne nous entendons plus. Si j’en suis arrivée à me dire que “ça ne peut plus durer“, encore faut-il trouver sur quel levier agir pour que cela ne dure effectivement pas. « Derrière toute peur, il y a un désir, reprend Alain Losier. Après avoir entendu sa peur, il est préférable de s’occuper de son désir plutôt que de nourrir sa peur. Et comme l’humain va plus naturellement vers le plaisir que vers la douleur, il convient de transformer la difficulté en objectif. Lorsqu’une femme dit “je ne m’entends plus avec mon mari, ça ne peut plus durer“, il faut comprendre pourquoi. Si son désir est de lui parler davantage, de sortir plus souvent, c’est là-dessus qu’il faut communiquer, et non sur l’issue “ça ne peut plus durer“. » En d’autres termes : définir un critère – une attente, une valeur, un besoin, auxquels on désire répondre – dont la satisfaction sera l’objectif. Une définition que le thérapeute peut aider à faire émerger, mais qui doit venir de soi : « Il est préférable que la personne en désir de changement trouve elle-même ou fasse le choix de ce qui lui convient » conclut Alain Losier. Ne “reste qu ‘à“ se mettre en quête de la bonne méthode pour changer de manière à atteindre cet objectif.
Mettre en place les moyens d’y parvenir Il n’existe a priori aucune méthode universelle pour mettre en œuvre ce changement, car en réalité chacun porte en soi les déterminants et les moyens de sa propre action. Mais on retrouve pour tous la même exigence : il faut d’abord se convaincre d’en être capable. Or, nous avons naturellement tendance à répéter plus ou moins inconsciemment des schémas, “spirales habiles“ qu’on met en place et qui nous font réitérer des comportements voués à l’échec. Qui plus est, nous avons généralement la fâcheuse habitude d’“oublier“ plus facilement nos réussites que nos échecs. Il est donc nécessaire de commencer par se convaincre qu’il est possible de faire autrement, en s’appuyant sur une valeur positive, un souvenir de quelque chose qui a “marché“. Exemple : j’ai des difficultés à prendre ma place, à dire non ! J’ai probablement déjà pu le faire dans un contexte différent (comment, à ce moment-là, ai-je fait ?). « Il y a toujours dans son passé, fut-ce lointain et oublié, quelque chose de positif, qui a fonctionné, et dont il faut se rappeler pour mettre en œuvre un changement en ce sens, explique Alain Losier. Lorsqu’on a trouvé la méthode qui fonctionne, on peut la reproduire. » Dans sa pratique de thérapeute et de coach, le spécialiste propose en particulier les méthodes de la PNL (Programmation Neuro-Linguistique), davantage axées autour de la résolution du problème qu’autour de son explicitation. Dans le cas particulier de la femme qui ne s’entend plus avec son mari, il lui faudra trouver le moyen de retrouver l’entente (on peu supposer qu’à un moment ils se sont entendus). D’abord, en se posant les bonnes questions, par exemple “Pourquoi ne nous entendons-nous plus ?“, “De quoi ai-je envie que je n’ai pas ou plus ?“, ou plus exactement “Quelle est l’attente que je nourris à l’égard de mon mari, et qui, insatisfaite, fait que je ressens que nous ne nous entendons plus ?“. « Comment faisions-nous quand j’étais satisfaite ? ». Il peut parfois s’agir de choses très simples et accessibles – sortir davantage, pratiquer des activités de loisir, etc. – qui, une fois identifiées, seront aisément solubles. Mais il peut aussi s’avérer plus difficile de trouver la bonne voie, et dans ce cas il conviendra d’explorer, sans se décourager, de nouvelles pistes. À la lumière des expériences positives du passé : une sorte de recherche empirique de son chemin de bonheur. « Il est surtout important de déjouer les mécanismes personnels qui nous empêchent d’être heureux, ajoute Alain Losier. “En quoi est-ce important pour moi de culpabiliser ? De m’énerver ? D’être en retard ?“ Là, on va trouver un critère, une valeur à satisfaire et trouver une autre façon de le satisfaire. Ce travail s’appelle la mise à jour : je modifie un comportement de manière à satisfaire un critère de bonheur que mon comportement actuel limite. » Dans cette quête, il s’agit en quelque sorte de trouver le “bon réglage“, en puisant dans son expérience, ses lectures ou l’observation de ce qui fonctionne chez les autres et qu’on pourrait appliquer à soi. Ce qui suppose bien sûr au préalable de bien se connaître. Et afin de rendre la méthode efficace, de bien se faire connaître.. Exemple : je n’ose pas dire non : critère possible plaire. Pour plaire je pourrais peut-être prendre le risque de « gentiment » donner mon point de vue, je serai non seulement respecté mais probablement plus aimé que si je ne me respecte pas en disant toujours oui.
Communiquer sur son but Car il est tout aussi important d’avoir conscience de son objectif et des moyens d’y concourir que de l’exprimer. En verbalisant mon désir, je lui donne corps et avenir. Et surtout, j’informe autour de moi qu’un changement se met en œuvre et je demande implicitement de la compréhension, voire du soutien. Dans le cas de la relation de couple, les occasions sont nombreuses de vérifier l’efficacité de notre communication. « Une relation, ce sont trois composantes : l’homme, la femme, et la relation. Entre eux, il y a une tuyauterie qui doit être entretenue : nous sommes chacun responsable du bout de notre relation, reprend Alain Losier. Or pour bien communiquer il y a trois règles de base : - s’assurer de sa disponibilité, prendre le temps d’écouter l’autre - reformuler ce que l’autre a dit pour qu’il se sente entendu - donner son point de vue C’est pourtant bien souvent à ce niveau que le bât blesse, dans nos relations de couple comme dans nos relations tout court. Il faut donc apprendre à parler à la première personne, sans agressivité, mais en se rendant capable d’exprimer son désir et ce que sa satisfaction nous apportera, par opposition à ce qu’elle peut ôter à l’autre. Exemple : Il est préférable de dire : « j’aimerais parler avec toi ce soir » plutôt que : « tu n’as pas encore fini de regarder cette télévision ». Aucun changement ne se mettra aisément en œuvre, sans que soient clarifiés et pacifiés les messages que nous passons à notre entourage. « S’exprimer est capital, pour trouver les critères importants et pourquoi ils le sont », synthétise Alain Losier. Il en va de même pour la nécessaire affirmation de soi qui accompagne le changement. Il s’agira d’éliminer, aussi diplomatiquement que possible, les relations qui sont de nature à parasiter, à “vampiriser“ notre organisation, quitte à s’exposer. Et le spécialiste de reprendre : « Il y a un moment où il faut dire stop ». Même les liens familiaux sont teintés parfois de dépendance. Or si la place qu’on laisse aux autres est croissante, c’est que l’espace qu’on se laisse à soi s’étrécit. Il faut revendiquer son espace, même si dire non, c’est s’exposer. » “Je ne fais ou dis pas ça contre toi, mais pour moi“ devons-nous apprendre à dire à notre partenaire comme à l’ensemble de notre entourage.
«La meilleure des solutions est de trouver sa solution» Qu’est-ce que la PNL humaniste ? Développée depuis plusieurs années et officiellement déposée en 1996, la PNL humaniste propose une approche similaire à la PNL classique, mais enrichie d’outils qui permettent d’accéder plus facilement au bonheur. La PNL a davantage pour objectif de trouver le comment que le pourquoi. Il s’agit de définir un but, et de se donner les moyens de l’atteindre : on recherche ce qui a marché, et on se concentre dessus pour se convaincre qu’on est capable de réussir. Dans la perspective de la PNL humaniste, la prise en charge et le changement se font dans le plaisir, ce qui permet des progrès plus rapides. Il s’agit de changer d’axe de vie, pour faire et en faisant principalement ce qu’on aime. Lorsqu’on associe le plaisir d’avoir réussi à l’effort d’avoir changé quelque chose en soi, le cerveau mémorise plus rapidement cette nouvelle “programmation“. Concrètement, les outils utilisés sont ceux de la PNL traditionnelle, auxquels on en associe d’autres destinés à améliorer la communication et l’organisation de l’individu. Par exemple, apprendre à parler au «je» plutôt qu’au «tu», à mieux gérer sa vie et son temps, à y associer des formes de plaisir, sortir de la dépendance, créer sa carte mentale, faire le deuil, etc.
Quand penser à une thérapie ? On peut y arriver seul, mais dans le cas contraire il faut que la personne se fasse aider si elle ne trouve pas les moyens de changer. Quelques pistes : Trouver les freins qui empêchent d’agir en se posant des questions du type : - “Qu’est-ce qui m’empêche de faire ce que j’ai envie de faire“ - “En quoi et-ce important pour moi de ne pas réussir (quel est l’avantage que j’en retire)?“ Se poser les questions qui tendent vers le but poursuivi, telles que : - de quoi aurais-je besoin pour atteindre mon but (exemple : confiance) - ensuite, comment pourrais-je faire pour acquérir de la confiance dans ce domaine particulier ? La meilleure des solutions pour aider quelqu’un est de lui permettre de trouver sa solution. Afin d’avoir une vision plus globale il est intéressant de se demander : “Que se passera-t-il si je ne fais rien ?“ et plus encore “Quels sont les avantages que je vais retirer si je fais quelque chose ?“, à court, moyen, et long terme.
Quelle est votre définition du bonheur ? Le bonheur est un équilibre entre les différents domaines de notre vie (relationnelle – personnelle – professionnelle. Et les « douches froides » font partie de la vie : il est normal que de temps en temps ça n’aille pas parfaitement. C’est souvent au travers des difficultés qu’on apprends. D’où il est important de considérer la globalité des choses. Voir que pendant tant d’années de sa vie on a eu un pourcentage important de bonheur et que pendant d’autres ça a été le contraire… Quel est la moyenne, que puis-je en retirer comme information et comment vais-je faire pour aller encore mieux, telles sont les questions que l’on peux par exemple se poser pour augmenter son potentiel bonheur. Et ne jamais oublier que “Quand la joie est au-dessus de la table, la tristesse est au-dessous, l’inverse est également vrai.“. À chacun de trouver sa place, d’apprendre à devenir plus autonome, de prendre ses responsabilités.
Passer à l’action dans le plaisir Autant de bons principes de fonctionnement qui donnent au changement un cadre favorable. Mais qui ne présupposent pas encore que le travail soit simple. Deux éléments importants sont à prendre en considération : il est préférable de se fixer un objectif accessible, et y concourir sera plus efficace si on y associe une valeur de plaisir. « Je dis souvent qu’“un éléphant se mange… en tranches“, explique Alain Losier. Si l’objectif semble trop conséquent, il faut le morceler en étapes à atteindre. Il sera alors plus aisé de solutionner une étape à la fois. Notre destin se met en forme plus positivement quand on prend les décisions qu’on peut tenir. » Ne serait-ce que pour ne pas être découragé par l’ampleur de la tâche, qui, c’est un fait certain, ne se s’accomplira pas en un jour. D’où l’importance de rechercher le plaisir qui accompagne tout progrès effectué sur soi-même ou sur une situation donnée. D’une part, en imaginant concrètement le bénéfice qu’apportera le changement. « Le cerveau ne fait pas la différence entre le réel et l’imaginaire en matière d’émotions : en imaginant le bonheur, avec tous mes sens, je peux concevoir le futur exactement de la même manière que je me remémore le passé », précise le coach. Puis s’astreindre, dynamisé et soutenu par cette perspective positive, à agir sur soi pour modifier les situations. Exemple : vous pensez à une situation très agréable passée, vous vibrez de sensations rien qu’en y pensant ! pourtant vous êtes au présent ! N’êtes-vous pas émotionnellement mieux à ce moment là ? Vous pouvez le faire aussi par rapport à votre futur, vous risquez d’augmenter vos chances d’atteindre votre but!
Comment y parvenir au quotidien ? Concrètement, en avançant pas à pas d’objectif en succès : « Cela peut revenir à faire une liste, à tenir un petit journal de bord pour noter les succès de la journée. Le matin, on se donne des objectifs, le soir, on prend le temps de faire le point et de noter ce qui a été fait et ce qui reste à faire ». Dans le cas particulier de la PNL humaniste, ce re-conditionnement s’accompagnera systématiquement d’un petit plaisir qu’on se consentira à chaque succès. Juste histoire d’aller un peu plus vite, et surtout de ne pas se rendre inutilement malheureux. Ce qui serait quand même un comble pour qui cherche le bonheur… Danielle KINZLER
POUR ALLER PLUS LOIN Changez pour le bonheur ! Dès maintenant avec la PNL humaniste. Alain Losier. InterÉditions.
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